Podcast : 3 jeunes, 3 visions de l’avenir du pays

On ne peut pas comprendre un pays comme la Nouvelle-Calédonie sans s’intéresser à la question indépendantiste.

Les Événements, moment-clé de l’avenir du pays

Pour comprendre cette question, il faut remonter aux Événements. Pendant près d’une semaine au printemps 1988, une prise d’otage a eu lieu dans les Îles Loyauté de Nouvelle-Calédonie, à Ouvéa. Près de 33 kanaks, le peuple premier de l’archipel calédonien, ont pris en otage des gendarmes dans une grotte. Ils font partie du FLNKS, pour Front de Libération Nationale Kanak et Socialiste, le parti indépendantiste tout juste créé. Leur action découle de la mort de plusieurs indépendantistes ainsi que du résultat du référendum de 1987 – 98,3% des votes contre l’indépendance. La prise d’otage s’achèvera sur la mort de 19 kanaks et de 2 gendarmes.

2 accords gravés dans le marbre

Ces Événements ont permis la mise en avant de la question indépendantiste en Nouvelle-Calédonie comme en métropole. Suite à cela, deux accords majeurs ont été signés avec les principaux responsables politiques de France et de Nouvelle-Calédonie. En 1988, les Accords de Matignon prévoient l’autodétermination de la Nouvelle-Calédonie entre 2014 et 2018 et un transfert progressif de nombreuses compétences, à l’exception des la plupart des compétences régaliennes qui restent sous l’autorité française. Parmi celles-ci, seule la politique étrangère fait l’objet d’un partage de compétences entre la Nouvelle-Calédonie et la métropole au niveau de la politique extérieure régionale. Les Accords de Nouméa de 1998 poursuivent cette dynamique, et prévoient 3 référendums, le premier ayant eu lieu l’année dernière, qui s’enchaîneront jusqu’à ce que l’indépendance passe. Si l’un des 3 référendums est positif, l’indépendance sera octroyée.

L’indépendance vue par les jeunes

Depuis des dizaines d’années, la société calédonienne est divisée en 2 catégories : ceux qui sont pour l’indépendance du pays, et ceux qui sont contre. Après le référendum de 2018, qui a vu une victoire plus serrée que prévue du non à l’indépendance, on a voulu connaître les visions des jeunes du pays.

Carl est engagé dans l’Avenir en Confiance, il souhaite que la Nouvelle-Calédonie reste avec la France. ©Facebook

Carl a 27 ans, il est contre l’indépendance. Engagé dans l’Avenir en Confiance, l’alliance des partis loyalistes principalement chapeautée par les Républicains, il est né en Nouvelle-Calédonie de parents antillais.


Francia est indépendantiste et a créé une association pour pousser les jeunes à faire des activités culturelles et environnementales. ©Itchy Feat

Francia a 20 ans, elle est pour l’indépendance. Elle est née d’un métissage de kanaks, de caldoches (descendants de colons) et de wallysiens. Originaire de Koné, elle gère une association qui promeut la culture kanak et la sensibilisation environnementale auprès des jeunes.

Warren souhaite préparer la future société calédonienne, indépendantiste ou pas. ©Nicolas Job

Warren a 29 ans, il se situe hors-catégorie. Son père était représentant du RPCR lors des accords de Nouméa, et sa mère était foulard rouge, une faction radicale du parti indépendantiste Palika. Spécialisé dans la gestion de conflits (cela ne s’invente pas!), il rejette le clivage indépendance/non-indépendance et cherche à préparer un avenir commun dès aujourd’hui, avec ou sans la France.

Découvrez les visions de ces 3 jeunes calédoniens dans le podcast ci-dessous :