Les Parcs Nationaux, seule solution pour protéger l’environnement ?

Comme en France, la nature australienne est sur certains espaces drastiquement protégée par des zones réglementées, les parcs nationaux. Il y a une semaine, Itchy Feat a rencontré une jeune ranger du parc, Hannah, et deux membres de l’association Platypus, Andrea et Julia. Deux organismes distincts, l’un chargé de protéger le Parc, et l’autre de conserver l’arrière-pays, moins spectaculaire mais tout aussi vital.

D’un côté, le parc national des Monts Grampians, à 235 km à l’ouest de Melbourne. 1 700 km² d’espaces protégés depuis 1984, peuplés de faune et de flore endémiques et chargés d’une culture aborigène ancestrale abritée dans les divers sites rupestres du parc.

Balconies Parc Grampians

Vue sur le Parc du haut des Balconies

De l’autre, l’outback de l’état du Victoria, qui entoure le parc, une aire plus ou moins équivalente à la taille du parc. Un espace neutre, à la faune et la flore riche mais plus commune.

Grampians Platypus Outback Victoria

L’outback protégé par l’association Platypus, vu des Grampians.

Pour autant, des mêmes problématiques se posent des deux côtés. Impact de la présence humaine, espèces invasives et réchauffement climatique mettent en péril l’environnement des deux aires. Dans les deux zones, des organismes, aux moyens et à l’organisation différents, se mobilisent pour la même cause : protéger l’environnement.

Les rangers, comme en France, sont chargés de la zone du parc, de la prévention à la protection. Le projet Platypus réunit quant à lui 11 associations chargées de l’attractivité de l’outback, de la lutte contre l’érosion, des espèces invasives, ou encore de la protection des récoltes.

En bleu, la zone gérée par Platypus. En vert, le Parc des Grampians, géré par les rangers.

Deux missions pour ces deux organismes : protéger l’environnement, et changer les comportements.

Préserver la faune et la flore

Aux Grampians, l’Etat du Victoria donne les moyens aux équipes de rangers de mettre en place des stratégies de protection de l’environnement. Hannah est une jeune ranger sur le terrain depuis un an environ.

Après les fortes chaleurs de ces dernières semaines, on interroge Hannah sur l’impact du réchauffement climatique : C’est une question compliquée car je pense qu’il y a plusieurs impacts sur l’environnement à long terme. Il a un impact sur la lutte contre les incendies, c’est pour cela que nous avons notre équipe incendie commence à travailler plus tôt dans l’année.”

Grampians, Parc, Incendies

Les incendies dans le parc sont de plus en plus réguliers.

Le changement climatique modifie en profondeur la façon de fonctionner de l’organisation. On doit augmenter le personnel et orienter notre processus de fonctionnement vers de nouvelles solutions. Nous devons donc être plus préparés sur différents aspects de notre travail.”

Le principal problème du parc, plus que le changement climatique, semble être l’activité touristique : des centaines de personnes sillonnent les routes du parc de jour comme de nuit.  

“ Au sein du parc, les visiteurs sont autorisés à circuler dans beaucoup d’endroits mais n’ont pas de poubelles à disposition. Ils doivent donc gérer leurs détritus eux-mêmes. On s’est rendus compte que beaucoup d’entre eux laissent traîner leurs déchets un peu partout dans le parc, ce qui est un vrai problème pour la faune et la flore.” Pour une photo Instagram ou un live Facebook, de nombreux individus sortent des chemins balisés. Ils y dérangent la faune et la flore.

Au sein du Projet Platypus, la protection de l’environnement repose entièrement sur la motivation des bénévoles et sur les subventions de l’Etat.

Andrea et Julia de l’association Platypus

Le changement climatique n’est pas leur principale préoccupation, même si Andrea et Julia ont remarqué que les agriculteurs ont de plus en plus de mal à anticiper la météo. Les récoltes sont moins prolifiques qu’auparavant. Les espèces invasives sont le problème principal : “ Les espèces invasives sont un fléau dans l’outback, ce sont des animaux qui ne viennent pas d’Australie, des lapins, des cochons, des chats, des renards, qui détruisent la faune et la flore locale”.

Sensibiliser pour mieux protéger

L’autre mission commune aux rangers des Grampians et aux membres du projet Platypus est de susciter un lien à la terre chez les générations futures.

Hannah est ainsi ce que l’on appelle une community engagement ranger“Je m’occupe des bénévoles du parc, j’essaye de fédérer une communauté plus engagée pour l’environnement et de la mettre au courant du fait que l’environnement a un impact physique et mental sur le bien-être. C’est un engagement à temps plein pour et avec la communauté.”

Aux Grampians, cela se traduit par un programme ranger junior animé par Hannah. “Je fais de l’éducation environnementale avec des jeunes âgés de 6 à 12 ans pour les sensibiliser à la protection de la nature.” Une sensibilisation qu’elle tente aussi de transmettre aux plus grands, à travers la fédération d’une communauté de bénévoles investis dans la protection du parc.

Juniors Rangers Grampians

Un programme de junior rangers a été mis en place. (©JuniorRangers)

Chez Platypus, on passe du temps au sein des écoles. Aller à la rencontre des élèves, travailler avec des groupes de jeunes sur la protection de l’environnement sont des activités importantes pour Julia et Andrea.“Nous essayons de veiller un maximum sur les jeunes, d’être une sorte de voix pour les guider sur le bon chemin en leur apprenant à se connecter avec la nature même s’ils ne sont pas en contact avec au quotidien”, détaille Julia.

Platypus essaye de recréer un lien à la terre chez les enfants de l’Outback. (©Platypus)

Avant l’âge de 12 ans, près de 70% des jeunes ne sont jamais allés dans la forêt située juste derrière Stawell, ville du siège de Platypus. 

La conclusion sera les mots de Hannah :  « Si je devais léguer quelque chose aux générations futures, ce serait simplement le fait d’apprécier ce que l’on a et de protéger cela. Quand je me balade dans la nature, je sais que ce sera sûrement différent la prochaine fois. C’est important de travailler dur pour l’environnement. »