À Melbourne, un World Clean Up Day frileux

L’opération mondiale World Clean Up Day a réuni quelque 200 citoyen-ne-s à Melbourne ce samedi 15 septembre. Lancée par l’Australien Ian Kernan AO en 1993, son objectif est de susciter une prise de conscience générale face à la multiplication des déchets plastiques dans l’environnement.

À Melbourne, avec le retour des beaux jours, l’opération prend des airs de grand ménage de printemps. Citoyen-ne-s, entreprises, écoles et associations se répartissent par zones et s’affairent à nettoyer la ville. Les organisateurs-trices de l’événement fournissent à chacun des sacs en tissu réutilisables pour récolter les détritus.

L’importance de la sensibilisation

Jen, bénévole pour l’association Beach Patrol, voit le World Clean Up Day comme un moyen de sensibiliser les citoyen-ne-s sur leur rapport aux déchets plastiques : « À Melbourne comme ailleurs, il devient plus que nécessaire d’éduquer la communauté et de sensibiliser à la question environnementale. Les gens qui jettent leurs déchets par terre ne savent même pas qu’ils finissent dans nos rivières et océans. C’est un danger immense pour la biodiversité.» 

Clean Up Day Melbourne 2018

Le froid polaire n’a pas empêché les plus téméraires citoyen-ne-s d’aller récolter un maximum de déchets.

Si Melbourne renvoie une image de propreté avec ses grands espaces verts, la montagne de plastique collecté par les bénévoles témoigne d’un problème persistant dans les comportements.

Faible mobilisation des jeunes

Le Spring Clean Up the City fait néanmoins la fierté de la ville, qui se targue de cette mobilisation annuelle sur son site officiel. Pourtant, sur place, seul-e-s 200 participant-e-s ont fait le déplacement pour nettoyer la ville ce 15 septembre. Le co-organisateur de la journée semble s’en satisfaire et évoque les mauvaises conditions météo. 

Le faible nombre de jeunes présent-e-s à l’événement saute aux yeux. Au détour des rues de la ville, les sacs estampillés Spring Clean Up the City ne sont que très rarement accompagnés d’étudiant-e-s ou d’enfants, exception faite des groupes scolaires.

Les gens ont trouvé cette initiative géniale,  tout en disant ne pas avoir le temps de l’appliquer. Mais on peut toujours trouver le temps !

En cherchant un peu, on finit par tomber sur Madison, qui déclare avoir choisi de célébrer son anniversaire en ramassant des déchets plastiques avec ses ami-e-s. Son sac rempli, la jeune femme sourit : « Je vois ça comme un cadeau de venir m’aider à nettoyer la ville ! J’en ai parlé hier à la fac, et les gens ont tous trouvé cette initiative géniale. Ils m’ont dit “Super, j’aimerais tellement avoir le temps de faire ce genre de choses !”. Mais on peut toujours trouver le temps. Je suis heureuse que mes ami-e-s soient venu-e-s avec moi aujourd’hui parce qu’on a pu récolter bien plus de déchets que ce que j’aurais pu faire par moi-même. »

Madison et ses deux amies ont fêté son anniversaire en nettoyant la ville.

Le problème ne vient donc peut-être pas du fait que les jeunes ne sont pas intéressé-e-s par la protection de l’environnement, mais plutôt qu’iels ne sont pas encore prêt-e-s à y consacrer un peu de leur temps. Les nouveaux cours de corporate environment proposés par l’Université de Melbourne pourront peut-être provoquer un regain d’intérêt, tout comme l’éveil des consciences écologiques qui semble s’affirmer chez les nouvelles générations.

Marine Slavitch